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Quelques interviews récentes proposant un éclairage intéressant sur les points de départ et la méthode de travail de STAN.


Il n'y a pas de metteur en scène pour choisir les textes et évaluer la prestation des acteurs. Le comédien est au centre de tout, le travail se fait uniquement en concertation. Voilà un élément essentiel du mode de fonctionnement. « C'est le comédien qui porte la responsabilité finale de tout ce qui se passe sur scène », dit Sara De Roo. « Il peut se regarder dans le miroir lorsque c'est bon – mais aussi quand c'est mauvais. » « Une telle approche peut sembler novatrice, mais en réalité elle est vieille comme le monde », ajoute De Schrijver. « C'est à peu de choses près la méthode qu'adoptaient Molière ou Shakespeare avec leur troupe. En fait, le metteur en scène est une invention du siècle dernier. »
Un Ibsen speedé , Knack, Michael De Cock, 05/09/07


Comédiennes de théâtre relativement inconnues à l'origine, elles sont soudain devenues célèbres par le biais de la télévision. Mais Jolente De Keersmaeker et Sara De Roo, respectivement Sofie et An dans la série télé De Parelvissers (Les Pêcheurs de Perles), jurent obstinément fidélité à leur grande passion : faire du théâtre avec le collectif STAN, qu'elles forment avec Damiaan De Schrijver et Frank Vercruyssen. « Nous savons qu'il existe des moyens d'expression plus efficaces que le théâtre pour adresser un message au monde, mais je maintiens qu'il est important de pouvoir regarder le public droit dans les yeux. Avec mille personnes, c'est impossible. »
Nous sommes beaucoup trop sociables pour broyer du noir , De Morgen, Liv Laveyne, 15/04/06


Ni répétition ni mise en scène... : le quatuor se joue allègrement des règles théâtrales. Ils affectionnent le répertoire classique, Molière, Diderot, Tchékhov, Thomas Bernhard. Leurs représentations sont parfois interminables. Et pourtant, les comédiens flamands de la troupe TG Stan enthousiasment les spectateurs les plus rétifs au théâtre. Ils ont désormais leurs fans, qui accourent quel que soit le programme. Pourquoi un tel succès ? On invoque une présence physique décalée, détonante et dérangeante, un ton inédit, une ironie savoureuse, diaboliquement érudite, aussi... Et surtout une méthode originale devenue label: à peine sortis du Conservatoire de théâtre d'Anvers, en 1989, Sara De Roo, Jolente De Keersmaeker, Damiaan De Schrijver et Frank Vercruyssen créent en effet une compagnie où on ne répète pas et refuse metteur en scène, coulisses et... appellation contrôlée (Stan signifie Stop thinking about names, « Arrêtez de penser à des noms »...).
Anvers et contre tout , Télérama, Catherine Firmin-Didot, 9/11/05


Ils sont quatre, deux garçons et deux filles peu soucieux d'être ou non dans le vent. Mais ils ont néanmoins inventé une manière neuve de faire du théâtre, redonnant à cet art urgence et nécessité : une énergie contemporaine, en prise avec les rythmes et les préoccupations de l'époque.
Jolente De Keersmaeker, Sara De Roo, Damiaan De Schrijver et Frank Vercruyssen forment le noyau historique du tg STAN - traduisez tg par « toneelspelersgezelschap », ce nom imprononçable par des Français signifiant « compagnie de joueurs de théâtre », et STAN par « stop thinking about names » (« arrêtons de penser aux noms »). « Non pas parce que nous voulions nier ou casser l'histoire du théâtre, précise Frank Vercruyssen, mais tout simplement parce que, quand nous avons créé la compagnie, en 1989, nous n'arrivions pas à nous mettre d'accord sur un nom. Et nous avons joué avec cette impossibilité. »
La bande des quatre du Tg STAN , Le Monde, Fabienne Darge, 14/09/05


Un jour qu'ils travaillaient à la table sur une pièce du répertoire au Conservatoire d'Anvers avec leur professeur Matthias de Koning ces jeunes apprentis comédiens montrèrent un enthousiasme particulièrement virulent. « On avait compris, on savait comment s'y prendre avec ce texte, avec nos personnages », se souvient Damiaan De Schrijver. C'est alors que Matthias de Koning, sans se départir de son calme, leur fait cette remarque : « Est-ce que vous seriez capables de jouer cette pièce demain ? ». Consternation, étonnement, trouble. Voilà que nos comédiens en herbe se grattent la tête, inquiets. Ils n'avaient pas pensé à une telle éventualité. Jouer comme ça, tout de suite, sans répétition... Et c'est pourtant de là que tout est parti. Exit le tempérament théâtral, le beau jeu, la virtuosité de l'acteur. À la place, l'urgence, le risque, la fragilité sur le fil du rasoir. « Matthias a bouleversé notre vision du théâtre », remarque Frank Vercruyssen. « Après, plus rien n'était pareil et impossible de revenir en arrière. »
Présentation de la Compagnie tg STAN , programme Théâtre de la Bastille, Hugues Le Tanneur, 06/05


La compagnie de théâtre STAN, qui fête ses quinze ans d'existence, continue à proposer un théâtre frais et intelligent. Voilà qui est typique pour STAN, une troupe qui se fait acclamer ces dernières années en France, en Grande-Bretagne, au Portugal et en Norvège : c'est un collectif, mais ses membres peuvent s'allier à des tiers, s'associer à des âmes sœurs appartenant à d'autres compagnies et échanger ainsi leurs expériences. Parmi les alliances de STAN avec des comédiens d'autres troupes, les mêmes noms reviennent régulièrement : De Roovers, Dood Paard, De Koe, Dito' Dito, Rosas.
L'avocat qui se cache dans l'acteur , Knack, Paul Demets, 04/02/04


Ils se comportent comme dans une répétition, comme s'ils ne savaient pas précisément ce qui allait se passer. Certains assument plusieurs rôles à la fois. Qu'importe, ils ne cessent de jouer avec les situations, les conventions, l'imprévu, déchirant les voiles de l'illusion théâtrale de leurs pointes d'ironie. Le jeu s'invente ici et maintenant, avec nous, dans le tâtonnement des possibles, dans la tessiture des interrelations, dans le rapport des acteurs à la réalité du moment et du lieu donné. D'ailleurs, ils n'incarnent pas, ils discutent avec le texte, s'approprient la langue, ouvrent le sens. Contre toute tentation réaliste, ils ne cherchent pas à nous « faire croire que », mais nous invitent dans ce processus critique. Ils touchent à quelque chose d'inachevé qui donne à leur théâtre une vitalité forcenée et une liberté jubilatoire.
Le jeu mis à nu , Mouvement, Gwénola David, 10/01

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