tg STAN réunit le monde à Bergen

une entrevue avec Frank Vercruyssen

La compagnie populaire tg STAN a réuni six nationalités pour une création mondiale à Bergen. Le spectacle traite davantage de l'humanité en général que des Palestiniens et des Israéliens, affirme Frank Vercruyssen.

Demain aura lieu la création mondiale de the tangible au Studio USF. Des danseuses venues de Norvège, d'Italie et du Canada travaillent avec des comédiens belges, syriens et palestiniens, avec en toile de fond des photos d'artistes palestiniens.
« J'ai joué pour la première fois à Bergen il y a seize ans. Et je rêvais depuis longtemps d'une telle coproduction internationale », nous confie Frank Vercruyssen de tg STAN. Il a reçu le feu vert de BIT Teatergarasjen à Bergen, ainsi que de théâtres à Oslo, Paris, Lisbonne et Beyrouth.

« Cela a commencé d'une manière un peu étrange, non pas par un texte, mais avec des danseuses. Après avoir vu danser Liz Kinoshita et Federica Porello, j'ai voulu travailler avec elles. Et elles m'ont demandé à leur tour si je voulais aussi travailler avec la Norvégienne Tale Dolven.” Le comédien belge disposait donc d'un trio, mais n'avait pas de texte.

« J'avais l'idée de travailler sur le thème du Moyen-Orient, du triangle formé par Beyrouth, Bagdad et la Palestine », raconte Frank Vercruyssen. « On a appelé cette région à la fois “le Croissant fertile” et ”le Berceau de l'humanité”. » En préparant le spectacle, il a été frappé par les photos de deux artistes palestiniens et par deux comédiens rencontrés en Syrie ; il les a tous invités à participer à son projet.
« Le concept du “tangible” est déjà présent dans ma vie depuis si longtemps. Il fallait en parler », poursuit l'acteur de tg STAN, qui a beaucoup voyagé dans le monde arabe.
« Nombre de gens qualifient notre compagnie de “politique”. Mais nous ne représentons que nous-mêmes. Nous parlons de ce qui nous occupe, que ce soit l'amour, le vide, l'absurdité ou la politique », souligne Vercruyssen.

Paysage intérieur
« Dans une optique plus philosophique, je pense que chacun porte en soi un paysage intérieur. Quelqu'un peut vivre en Norvège, mais se sentir lié à la Thaïlande. Mon paysage est le Sahara, ma ville est Damas », sourit  l'acteur belge. Il ne veut pas trop en dire sur les motivations sous-jacentes du spectacle et il espère que les gens le regarderont l'esprit ouvert. « Même si la question palestinienne était son point de départ, j'espère que le spectacle saura la transcender », conclut Frank Vercruyssen.

Bergens tidende, Ann Kristin Ødegård, le 6 avril 2010

Frans