Cinq actes de folie douce dont on se resservirait volontiers

Les comédiens de cinq compagnies unissent leurs forces pour servir au doigt et à l’œil les amateurs de burlesque.

De quoi s’agit-il ? Mieux vaut ne pas le résumer en deux coups de cuillère à pot. Une onomatopée est un mot formé par une imitation phonétique, comme nous l’apprend le dictionnaire. On pense, par exemple, à « coucou ». Abstraction faite de sa signification, le mot est merveilleux en soi et constitue un excellent titre de spectacle.

Pour Onomatopée , cinq comédiens de différentes compagnies unissent leurs forces – Damiaan De Schrijver (tg STAN), Gillis Biesheuvel (Dood Paard), Peter van den Eede (De Koe), Willem de Wolf (v/h Kas & De Wolf), Matthias de Koning (Discordia) – pour vous servir cinq actes de langage, de son et de folie douce de manière si inimitable, qu’à la fin on se resservirait volontiers.

Les cinqs sont habillés en garçons de café. Dans le premier acte, ils palabrent à propos du thé à la menthe, du fait qu’il faudrait ouvrir ou ne pas ouvrir la fenêtre, du plaisir que leur procure leur compagnie réciproque. Nous assistons à une forme de communication reconnaissable, à un comportement de groupe parfaitement stéréotypé, auquel fait admirablement pendant l’ostensible malaise physique que suscite la situation chez chaque membre du groupe – voilà la tâche confiée à chacun d’entre eux.

Pour celui qui apprécie l’art du burlesque de comédiens comme De Schrijver, Van den Eede et De Koning, Onomatopée est un nouveau régal, dans lequel Biesheuvel paie de sa personne et De Wolf joue les grands dadais comme il en a le secret. Tandis que les serveurs, plateaux débordants à la main, se battent avec des portes de saloon, nous entendons des bruits étranges et voyons apparaître toutes sortes d’animaux sur la scène ; le son, le langage et le théâtre se fondent.

La seconde partie du spectacle, marquée par le déménagement du public vers une autre partie de la salle, présente une structure moins complexe : chaque acteur obtient sa minute de gloire avec un sketch interprété les pieds posés sur un tapis, la tête sous une lampe accrochée un peu trop bas. Ici aussi, nous vivons des moments formidables, comme celui de la quête du monologue parfait de De Wolf, ou la performance quasi dadaïste de De Schrijver.

On ne peut que se réjouir de ce que ces comédiens se soient trouvés. On en redemanderait volontiers, mais en même temps, on ne les imagine pas pouvoir nous resservir cela. Non, dans un premier temps, contentons-nous d’ Onomatopée . Mais savourons le pleinement.

de Volkskrant, Karin Veraart, le 14 septembre 2007

Frans