Vieux textes, mauvaise soupe

Pourquoi aussi les délirants Flamands du collectif tg STAN ont-ils si besogneusement passé à la moulinette le Paradoxe sur le comédien , de Diderot ? On les a connus mieux inspirés quand ils débitaient violemment, face public, Anouilh ( Antigone ) ou Bernhard ( Maître ). Leur force : se passer de la médiation du metteur en scène, entrer en lien direct avec le texte, s'en emparer sans complexe dans un face-à-face où n'intervenaient qu'assez peu la scénographie et ses fastes. Ces derniers sont, hélas, bien pesants dans du serment de l'écrivain du roi et de diderot .

Cernés de spectateurs, au milieu d'un capharnaûm lourdement étudié, les trois acteurs s'épuisent à disposer, casser, jeter leur quincaillerie surréaliste. Les références aux arts plastiques abondent en effet dans cette interminable et épaisse pochade où le tg STAN prétend prouver sur le mode burlesque les assertions de Diderot : plus un comédien se maîtrise, meilleur il est, plus spontané il paraît... Ils y parviennent a contrario. Malgré eux. Cabotinant outrageusement, se laissant aller pesamment, ils sont en effet la démonstration consternante de ce qu'ils grommellent : un acteur qui ne se contrôle pas ne provoque rien. Afflige seulement.

Télérama, Fabienne Pascaud, le 10 décembre 2003

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